Artiste : Igorrr

Album : Spirituality and Distortion

Date de Sortie : 27-03-2020

Ajouté le : 25-05-2020

Dans le paysage musical Français, il y a une formation qui fait figure d’extra-terrestre, j’ai nommé le projet ‘Igorrr’ mené par ‘Gautier Serre’ qui bouleverse les conventions musicales en mélangeant des styles aussi éloignés que le bal musette, le black métal, la musique baroque ou encore la musique orientale. 2020 voit la sortie d’un nouvel album ‘Spirituality and Distortion’ et le moins que l’on puisse dire, c’est que notre Français n’a pas perdu de son inventivité et de son talent de compositeur pour nous offrir encore une fois des compositions qui pour le commun des mortel ferait figure de délire hallucinogène après une bonne fricassée d’amanites tue-mouche. Pour ce nouveau bébé, il s’est entouré d’un bon nombre d’artistes qu’ils soient instrumentistes ou chanteurs (voir liste ci-dessous)

Dès le premier titre ‘Downgrade Desert’, on embarque dans une ambiance orientale avec l’oud de ‘Mehdi Haddab’, puis, après une minute, changement de décor pour du métal lourd et puissant qui alterne avec des vocalises qui se mêlent petit à petit à la puissance du métal, puis, on passe sans transition à ‘Nervous Waltz’ avec son introduction baroque qui se transforme vite en valse de death métal et ‘Very Noise’ est une sorte d’interlude sonore déjanté qu’il faut absolument écouter avec la vidéo ici. Avec ‘Hollow Tree’, le clavecin de ‘Benjamin Bardiaux’ rencontre le chant lyrique, tout ceci étant enrobé d’une section rythmique débridée puis, ‘Camel Dancefloor’ revient à des influences orientales avec des sonorités électroniques dans une rythmique entraînante, puis, la violence d’un death métal électronique est amenée par ‘Parpaing’ avec ‘George Fisher’ aux growls avant un bal musette ‘Musette Maximum’ dans lequel l’accordéon de ‘Pierre Mussi’ fait une rencontre improbable avec une section rythmique déchaînée. On pourrait presque parler ensuite de titre ‘conventionnel’ avec ‘Himalaya Massive Ritual’ qui mélange influences asiatiques, lyrisme et métal lourd car la fusion des genres est assez bluffante tout comme dans ‘Lost in Introspection’ dans lequel la mélodie plus classique jouée par un piano, à certains endroits jazzy, rencontre le chant lyrique pour un nouveau résultat assez étonnant. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises, car c’est encore la rencontre entre un chant oriental, des sonorités électroniques et du métal qui nous attend avec ‘Overweight Poesy’ et ‘Paranoid Bulldozer Italiano’ continue mais cette fois avec un petit passage baroque au milieu d’une section rythmique déchaînée et c’est bien la première fois que je plains une batterie (rien que le titre est déjà tout un programme, on se demande où Gautier va chercher tout ça !!) puis, l’introduction de ‘Barocco Satani’ nous fait changer de galaxie avec l’utilisation de cordes dans une ambiance baroque qui est de courte durée car on est vite rattrapé par la patrouille ‘métal’ et on alterne les deux genres sur l’ensemble du titre (je verrais bien ce titre en vidéo dans le même genre que les 2CELLOS avec la reprise de ‘Thunderstruck’ d’AC/DC’). La fin de l’album nous offre un magnifique ‘Polyphonic Rust’ avec l’alternance entre la puissance des instruments électriques et le raffinement des chants qui est assez saisissant, puis, ‘Kung-Fu Chèvre’ (encore un titre assez improbable !!) qui renferme à lui seul tous les ingrédients d’un inventaire à la Prévert pour faire un titre bien déjanté entre accordéon voltigeur, bêlements de chèvre, chant traditionnel a capella, violons impétueux et batterie hystérique.

En résumé, ce qui est certain, c’est que les productions de ‘Gautier Serre’ ne peuvent pas vous laisser indifférent : soit vous adorez car vous aimez l’originalité et cette liberté totale de triturer des styles musicaux très éloignés et vous vous laissez emporter par ce résultat incomparable ou soit vous détestez car ces grands écarts musicaux ne sont pas faits pour vos oreilles (ou vous n’êtes tout simplement pas prêts); pour ma part, même si j’écoute plus généralement de la musique ‘plus conventionnelle’ (et ce n’est pas du tout péjoratif), il est agréable, de temps en temps, de se laisser bousculer par autant d’originalité et c’est le cas pour ‘Spirituality and Distortion’ qui m’a demandé du temps pour l’apprivoiser mais qui s’est finalement révélé un album de grande qualité...

Interprêtes

Gautier Serre (Guitare, Claviers), Erlend Caspersen (Basse), Martyn Clément (Guitare), Sylvain Bouvier (Batterie), Laure Le Prunenec (Chant) + Invités : George Fisher (Chant), Jasmine Barra (Chant), Laurent Lunoir (Chant), Diego Delgadillo (Growls), Matt Lebofsky (Piano), Mehdi Haddab (Oud), Mike Leon (Basse), Pierre Lacasa (Chant), Timba Harris (Violon), Pierre Mussi (Accordéon), Fotini-Asineth Kokkala (Kanoun), Benjamin Bardiaux (Clavecin), Antony Miranda (Sitar, Percussions), Alexandre Peronny (Violoncelle), Nils Cheville (Guitare), Benjamin Violet (Violon)